Le Contexte

« C’est une création de l’homme, le temps ! La nature nous fournit l’oscillation et l’homme compte ces oscillations. La seule condition est que nous ne devons pas faire d’erreur de comptage et que nous devons toujours le faire, pour que nous gardions le temps ! »

Giovanni Busca, directeur de l’Observatoire de Neuchâtel de 1988 à 2001

Qu’est-ce que le temps et comment le mesurer ? Cette question a fasciné l’humanité, tant d’un point de vue scientifique que philosophique. Depuis le XVIIe siècle, les observatoires garantissent une expertise dans l’observation du ciel et la mesure du temps ; ils ont été des acteurs fondamentaux dans notre quête de la signification du temps.

Le premier observatoire suisse a été fondé à Genève en 1772 et est encore aujourd’hui une institution de renommée mondiale. L’Observatoire de Neuchâtel a été créé en 1858 et a joué un rôle crucial dans la distribution du temps et dans le développement d’une culture nationale du temps. Créé par le gouvernement, il avait la particularité d’être lié à l’industrie horlogère de la région ; il devait contribuer par des moyens scientifiques à l’amélioration de ses produits, afin de les rendre plus compétitifs sur le marché international. Ses deux tâches principales étaient : délivrer des certificats prouvant la fiabilité des montres neuchâteloises et, mesurer l’heure exacte et la communiquer à l’industrie par télégraphe, afin que les usines puissent régler leurs montres avec précision. Elle a également développé d’autres activités scientifiques telles que la géodésie, la métrologie, la sismologie et la météorologie.

Astronome utilisant la lunette méridienne pour calibrer les horloges de références. Le Centenaire de l’Observatoire de Neuchâtel (0822-1). Fonds film du Ciné-Journal suisse (1940-1975), Memoriav

L’Observatoire était une référence internationale dans le domaine de la chronométrie, mais il est devenu célèbre en Suisse avec la diffusion de l’heure exacte. Après 1860, il ne distribuait pas seulement l’heure aux usines, mais aussi aux principales villes de la région, et plus tard à toute la Suisse, jusqu’à la diffusion du signal horaire sur la radio suisse dans les années 1930. Enfin, dans les années 1950, l’Observatoire a été responsable de la création des premières horloges atomiques et, avant la fin de ses activités en 2007, il a travaillé pour l’Agence spatiale européenne (ESA) et son projet de satellite Galileo.

L’association EspaceTemps désire réaliser un projet d’exposition sur l’histoire de l’Observatoire comme une véritable « manufacture du temps », d’abord comme un lieu clé du patrimoine scientifique suisse, et avec le temps et sa mesure. L’exposition est conçue pour être placée sur le site de l’Observatoire, dans le Pavillon Hirsch. Des expositions sur l’astronomie et les observatoires sont mises en place dans les lieux où la science a été pratiquée. Le célèbre observatoire de Greenwich, aujourd’hui entièrement transformé en musée, est un bel exemple de cette approche muséographique.