Les mires

L’Observatoire de Neuchâtel et ses mires

Instrument essentiel de l’Observatoire de Neuchâtel, la lunette méridienne parcourt un plan nord-sud, dit plan méridien. Le méridien de Neuchâtel est défini par la position de cette lunette. Au passage des étoiles, l’heure exacte pouvait être déterminée et stockée dans des horloges de référence, avant sa diffusion par télégraphe puis par ondes radio.

Lunette méridienne exposée au Musée international d’horlogerie de la Chaux-de-Fonds.

Cette lunette de grande précision était installée sur des piliers massifs. Sous les effets de la dilatation, de la torsion des matériaux et des mouvements saisonniers de la colline du Mail, site de l’Observatoire, il fallait pouvoir calibrer régulièrement l’installation. En 1961 cette lunette est démontée et est actuellement exposée au Musée international d’horlogerie de la Chaux-de-Fonds.


Mire sud de Portalban

WGS 84 : 6° 57’ 13.5781’’ E / 46° 54’ 55.1125’’ N
MN 95 : E 2 563 065.104 / N 1 196 137.661
Alt. : 464.6 m

En 1861, l’Observatoire achète une petite parcelle de terrain de 10 m2 pour construire une mire.
Située à 9,5 km de l’Observatoire elle servait à contrôler l’azimut et la collimation de la lunette méridienne sur son axe nord-sud.

Dessin technique de la mire de Portalban (Swisstopo).
Photo d’époque de la mire de Portalban (Swisstopo).

Le 8 juin 1886 le désalignement de la lunette provoque une erreur de la mesure du temps de + 0.52 s (Bull. Soc. Neuch. sciences nat.1887, p.11) d’où un désaxement de 36 cm par rapport au centre de la cible, valeur extrême pour cette année.

Extrait de la carte Sigefried avec emplacement de la mire de Portalban (Swisstopo)

A cette époque la Commission géodésique suisse, à l’origine du Service topographique fédéral swisstopo, a utilisé cette mire NF 268 comme repère de 1ère catégorie de la triangulation nationale, ceci pour établir la carte nationale Suisse.
Entre 1867 et 1877, la Confédération entreprend, comme protection contre les inondations, le grand chantier de la 1ère correction des eaux du Jura.
La baisse du niveau du lac de 2.5 m fait apparaître une étendue de sable de plus de 500 m.
La nature colonise cette surface, puis notre urbanisation suit et le contraste est saisissant quand on compare cette photo aérienne à la carte Sigfried d’époque où la mire se situait en plein champ !

Vue aérienne de la zone de la mire. Les repère correspondent à la carte Siegfried ci-dessus (Swisstopo).

Jusqu’en 1951, l’Observatoire de Neuchâtel donnait l’heure exacte uniquement par la mesure du passage des étoiles. De 1945 à 1953 les horloges à quartz déterminent cette heure en parallèle.
En 1959 les observations avec la lunette méridienne sont suspendues et l’heure exacte est donnée par les premières horloges à fréquence atomique.
En 2011 la mire n’est plus visible depuis l’Observatoire, ceci dû à l’agrandissement du bâtiment voisin.
Bien heureusement, cette mire continue de figurer dans les repères utilisés par l’Office fédéral de la topographie swisstopo.
Depuis 2017, notre association EspaceTemps envisage une rénovation et mise en valeur de ce témoin de notre héritage technique.
Contactée, l’Office fédéral de la topographie swisstopo se montre ouverte à ce projet et disposée à y participer financièrement.
Mandat est donné à l’association EspaceTemps de la gestion du chantier.

L’état de la mire de Portalban avant sa rénovation.

Au printemps 2020 le chantier est ouvert. Travaux qui ont consisté au nettoyage du terrain, élaguer le chêne.
Construction d’une clôture à l’identique avec élément amovible pour accès, resurfaçage du terrain.

Mire de Portalban après sa rénovation en août 2020

L’entreprise Facchinetti SA a contribué à cette réhabilitation en offrant les travaux de nettoyage et réparations de la pierre.
André Perrin, maître peintre, a offert la touche finale par les travaux de peinture de la cible ainsi que des lettres gravées dans la pierre.

L’inauguration de sa restauration a eu lieu mercredi 30 septembre 2020. La chaîne de télévision CanalAlpha a réalisé un joli reportage visible ici.

Panneau d’information sur le site de Portalban, version PDF

Mire nord de Chaumont

WGS 84 : 6° 57’ 13.91’’ E / 47° 01’ 25.66’’ N
MN 95 : E 2 563 147 / N 1 208 198
Alt. : env. 1’036.50 m, selon Information swisstopo mapgeo 2020

Cette mire est construite en 1884 sur un terrain propriété de M. Ch. de Pury. La base est constituée de deux socles de roc provenant d’une des anciennes carrières des hauts de la ville de Neuchâtel, la partie supérieure est en pierre jaune dHauterive. Un système avec miroir permettait des observations de jour, de nuit le fermier allumait une lampe à pétrole.

La couche d’humus qui se forme depuis bientôt 150 ans atteint le niveau de la pierre d’Hauterive, matériau qui ne résiste pas à l’humidité et au gel et en automne 2019, des membres de l’association EspaceTemps l’évacuent pour retrouver le socle de roc.
L’épaisse couche de mousse recouvrant le chapiteau est également enlevée et le monument brossé.

À 300 m en dessous de la mire, M. E.-F. Schertenleib, propriétaire du terrain et fermier du lieu, nous fait découvrir les vestiges de la table astronomique utilisée en 1887 comme support à un théodolite Repsold et à un chronomètre de marine pour des mesures d’étoiles en vue de déterminer la longitude et latitude exacte du lieu.
(selon P.V. commission géodésique suisse du 5 août 1888)

Vestiges de la table astronomique. Travaux futurs…, la reconstruction du pilier et la remise en place de la table!

Mire nord du Mail

WGS 84 : 6° 57’ 13.56’’ E / 47° 00’ 4.51’’ N
MN 95 : E 2 563 124 / N 1 205 692
Alt. : env. 485 m

Construite aux environs de 1860, elle est démolie dans les années 1970 pour permettre la construction d’un bâtiment scolaire. Bien heureusement les supports massifs sont toujours entreposés sur la plaine du Mail.

Divers projets de mise en valeur existent :

  • Redresser ces blocs dans un alignement sud-nord à quelques mètres
    de l’emplacement d’origine.
  • Les redresser au bord du chemin d’accès à l’Observatoire.
  • L’installation dans un autre endroit emblématique. Notre association a envoyé une demande à la Ville de Neuchâtel afin que l’espace entre Microcity et les bâtiments du CSEM de la rue Jaquet-Droz soit baptisé « Espace Adolf Hirsch » en l’honneur du premier directeur de l’Observatoire, enseignant à l’Académie (ancêtre de l’Université) et éminent scientifique connu internationalement. Si cette demande est acceptée, nous pourrions disposer ces blocs à cet endroit.